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9 Oct

Les Grands Maîtres Naïfs – Par l’Hôtel Trianon Rive Gauche


Le 7 octobre 2019, le Musée Maillol nous a accueilli pour nous faire découvrir une exposition haute en couleurs. Considérés comme avant-gardistes, les artistes exposés se démarquent non seulement par leurs peintures mais également par les pensées qui en découlent.

Le monde des Maîtres Naïfs

Les artistes du mouvement d’art naif ont réussi à se démarquer : loin des conventions, ils sont pour la plupart autodidactes et mettent l’accent sur les paysages, souvent exubérants, au détriment de l’humain. Tout bien considéré, la simplicité des œuvres ne mettrait-elle pas en exergue le changement des paysages suite à l’industrialisation ? Cela ferait sens puisque le soin du détail accordé aux paysages s’oppose totalement à la discontinuité des personnages.

Nous avons donc pu admirer les peintures des précurseurs du mouvement, à savoir : André Bauchant, Camille Bombois, Ferdinand Desnos, Jean Eve, René Rimbert, Dominique Peyronnet et Louis Vivin. 

Entre portraits, paysages et natures mortes, découvrons le monde insaisissable des maîtres naïfs.

La nature : symbole essentiel du changement

Attachés à la représentation de leur environnement quotidien, plusieurs scènes sont exposées : ville, campagne, zone intermédiaire, plage… La nature est donc un thème clef des maîtres naifs.

D’ailleurs, ils se sont complètement emparés de la nature morte : inspirés de leurs carrières passées ou des diverses sources imprimées, les artistes nous transportent dans un quotidien extraordinaire.

André Bauchant – Fleurs de Dahlias dans un paysage.



La nature est muse des artistes. C’est pourquoi les fleurs sont particulièrement représentées. Evidemment, le maître en la matière est André Bauchant puisqu’il était pépiniériste de métier. Il réalise alors de magnifiques œuvres florales toutes harmonieusement colorées.

Séraphine Louis nous a particulièrement laissé sans voix. Bien que nous ayons pu observer quelques-unes de ses œuvres au début de l’exposition, les œuvres florales qui nous accompagnent à la fin sont sublimes :  les peintures sont plus grandes et les couleurs plus lumineuses. On y trouve une symétrie subjective très satisfaisante.

Anciennement domestique dans un couvent, Séraphine Louis s’est convertie à la peinture après avoir entendu des voix qui lui demandent de le faire. Au fil des années, ses peintures prennent une forme de plus en plus irréelle.

Un message toujours d’actualité



L’omniprésence de la nature dans ces peintures naïves est un symbole de changement : on confronte ce qui est réel et ce qui est figé, ce qui existe et ce qui fût.

Au fond, face à l’aridité de la ville moderne, l’exotisme des tropiques est un fantasme.

D’ailleurs, Marc Jeanson, botaniste, nous explique qu’il y a là un rapport à l’enfance. Jeunes, on se sent dépassé par l’immensité, la diversité et l’exubérance de la nature. C’est donc ce sentiment qu’essayent de retransmettre les peintres naïfs.


De nos jours, certains artistes en quête de renouveau travaillent sur l’implantation de murs végétaux en zone rurale. L’enjeu est pour eux de créer une harmonie entre ville et nature et ainsi, de symboliser les années qui passent.

L’Oasis d’Akabour.

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